Il y a quelques jours, je célébrais mon 39ème anniversaire. Avec un petit pincement quand même. Voilà, c'est fait, c'était le dernier anniversaire avant la transition entre la "jeune femme" et la
"femme mûre".
Bien sûr, comme le dit ma copine Sandrine, qui les a fêté deux jours après moi, nous resterons toujours "jeunes" car la jeunesse, "c'est dans la tête". Formidable méthode que "la Coué" !!
N'empêche ... Je ne crois pas être en train de faire ma crise (mon milieu de vie est déjà loin derrière moi, sauf progrès extrêmement rapide de la recherche médicale), mais pour moi, la
quarantaine signifie que la vie s'en va dans un autre sens. Dommage, car je commençais juste à comprendre comment cela fonctionne.
Je trouvais déjà la vie gravement inintéressante, voir pénible. Mais jusqu'à environ 35 ans, on se dit que tout est encore possible et que l'on peut tout recommencer. Ce que j'ai fait.
J'accumule les nouveaux départs ... Comme les déménagements ... à 36 ans, je claque la porte d'un carcan conjugal quasi meurtrier, à 37, je retente une forme de cohabitation avec l'homos
erectus mâle, pour constater à presque 39 que c'était une fort mauvaise idée.
Aujourd'hui, j'essaie de ne pas sombrer dans un égoïsme, que dis-je ! Un égocentrisme forcené pour faire comme tout le monde et rester "socialisée" comme me l'a gentiment expliqué le médecin de
travail. Et je ne sais si c'est l'âge, l'expérience ou une nouvelle forme de confiance en mon jugement qui me donne cette méfiance, cette amertume.
Une autre blogueuse dont j'aime beaucoup les sujets de réflexion (mais qui malheureusement est encore moins prolifique que moi) se posait des questions sur la solidarité. Sur quoi je lui
répondais que c'était une vaste fumisterie bonne pour les fourmis, c'est à dire, des insectes sans cervelle. Je vieillis, et lorsque j'évalue les rapports que je dois entretenir avec mes
congénères, je soupire en me disant que la "maturité" présente tout de même un avantage : vous êtes moins fragile, vous supportez avec plus d'aplomb ces attitudes insupportables des autres qui ne
vous parlent uniquement que lorsqu'ils ont besoin de vous. Vous êtes chaque jour plus conscient que chaque parcelle de votre territoire, de votre intimité, de votre personnalité et
de vos convictions sont à défendre avec l'âpreté d'un Arpagon pour sa caissette de pièces d'or.
Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, je ne suis pas belliqueuse. Je déteste les rapports de force, j'abhorre les cris les larmes, me conduire comme une mégère rongée par la
rancoeur et le solipsisme n'est pas ma philosophie personnelle (je viens d'apprendre ce mot en lisant "le paradoxe amoureux" et je trouve que ça vous pose un personnage de le replacer dans la
conversation). Mais s'il est une chose que je hais encore plus fort, surtout depuis environ deux ou trois mois, c'est qu'on se paye ma tête, qu'on me marche sur les pieds ou qu'on me
dicte ma conduite en pensant sincèrement que je suis assez bête pour ne pas m'en rendre compte. Je ne suis certes pas une lumière, je suis tristement assez intelligente pour le
constater.
J'assistais hier soir à une soirée donnée soi-disant en l'honneur des 18 ans d'une jeune fille. J'ai pour celle-ci de l'affection et un instinct quasi maternel (je dis quasi car je veille
scrupuleusement à ne pas me substituer aux parents qu'elle a déjà). Ce que j'y ai vu et entendu me donnera à jamais je crois une méfiance pathologique du genre humain.
Je pense que je vais finir par aller vivre dans les prés avec ma jument ... Et mes deux amours, car ce soir, c'était vraiment ça.