"La vie, c'est comme une boite de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Même pour ceux (ça existe
?) qui n'ont pas vu le film, cette réplique culte a pour moi toute sa saveur.
Disons que dans ma boite à moi, il y a beaucoup trop de mauvaises surprises par rapport aux bonnes. Ou alors, je n'ai pas la main heureuse et je fais souvent les mauvais choix.
Par exemple, je n'aime pas les chocolats fourrés à la crème. On pourra dire que celui là, c'est le choix de mes études. Celui aux fruits confits (par exemple de la poire à laquelle je suis
allergique), c'est le monstre qui m'a passé la bague au doigt. J'en ai choisi deux aussi qui en première sensation avait un goût très agréable. Le genre de chocolat qui vous donne envie de
dévorer la boite entière. Mais qui vous colle, soit une indigestion, soit vous laisse un goût amer. Ce sont les deux enfants que j'ai voulu avoir, que je me suis laissée convaincre d'avoir. Si
l'on prend en considération qu'à la base, je n'aime pas trop les enfants, on pourrait me dire que je savais pertinemment que je courrais au devant d'une grosse déception.
Et pourtant, le jour de leur naissance, je me suis découvert un instinct dont on parlait beaucoup mais dont je me sentais totalement dépourvue. Le fameux "instinct maternel". Dans le règne
animal, c'est ce qui pousse la femelle à maintenir sa progéniture en vie, quitte à sacrifier le plus faible pour épargner les plus forts. Chez l'humain, tout se complique car nous
intellectualisons tout, y compris nos rapports affectifs. Et puis, une foule d'intervenants extérieurs se mêlent de vos sentiments : la médecine, l'état, l'école, la justice. Les mantes
religieuses par exemple, on beaucoup plus de chance que nous pauvres femmes. Pour être sûre de ne pas être emmerdées par le père de ses enfants, elle lui bouffe la tête avant même d'avoir le
résultat de l'échographie. Dommage, ça ne se fait pas chez les humains ...
Depuis trois ans, je ne choisis que de très mauvais chocolats. Pour moi ce sont les chocolats très noirs (donc amers), à l'alcool (donc potentiellement hallucinogènes), fourrés avec des
cerises pas dénoyautés (très douloureux). Il m'arrivait parfois de piocher dans la boite d'un voisin, et ça me redonnait envie d'essayer.
Aujourd'hui, je frôle l'indigestion. Je ne sais pas si je dois jeter purement et simplement cette mauvaise boite ou s'il m'est encore possible d'en changer. D'en prendre une toute neuve, plus
petite (et oui ! je vieillis, il me reste donc moins de chemin à parcourir).
Je reste souvent incrédule devant ces hommes ou femmes qui malgré les aléas monstrueux de la vie, s'y accrochent avec l'énergie que confère le désespoir. J'envie ceux pour qui elle est belle
même s'ils n'ont pas forcément plus que moi (et même souvent moins). J'essaie d'apprendre au contact de ceux qui prennent l'existence avec philosophie et qui n'en garde que le meilleur.
Je n'ai pas retenu la leçon.
Par Caroline
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Publié dans : Humeur du jour
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